Philippe Vergoz a exercé l’architecture pendant quelques années.
Il s’est formé au métier de menuisier. Il s’entraine à la pratique de l’aïkido depuis 15 années. De 1992 à 2007 il dessine et peint à Douarnenez. Aujourd’hui il est installé à l’atelier de Lesmel kreiz à Plogonnec.
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Ma rencontre avec Philippe Vergoz
Son fief : une vieille bâtisse bretonne d'un ancien corps de ferme dont le granit des murs raconte l'histoire passée et témoigne du présent. A l'intérieur, des sculptures sur bois aux murs, des étagères portant fièrement ses bocaux de pigments, une armoire de métier qui n'a plus d'âge, un chevalet maculé de peinture et, au milieu de la pièce, une petite table où nous attendent deux cafés. Le décor est posé.
En entrant dans cet atelier, je ne peux m'empêcher de penser que je pénètre à cet instant dans une part de l'intimité de l'artiste. Là des dessins ou des peintures, ici des croquis qui m'invitent, et pourtant, j'ose à peine les regarder. La sensation de gêne s'estompe rapidement lorsque que le maître des lieux, tout à fait à l'aise avec ma présence, m'invite d'un sourire à me détendre près du vieux poêle.
Philippe Vergoz, c'est d'abord un regard qui exprime sa présence et qui cherche son interlocuteur : celui avec qui il sera, l'espace d'un instant, en résonance. On est au départ surpris de cette intensité, de cette attention, et puis on se détend pour enfin partager avec lui cette « rencontre ». Bercé par les crépitements du feu, je l'écoute me parler, avec beaucoup d'humilité, de lui...
Sans vraiment entrer dans le détail de ses « débuts », il lui semble indispensable de me parler d'une forme. D'un rocher pour être exact. Une silhouette qui a marqué son inconscient sur le port de Douarnenez en 1993. Cette forme est revenue, de façon autonome, dans de nombreux dessins sans qu'il puisse, au départ, l'identifier. Elle l'aura influencé au point de constituer aujourd'hui le fil rouge de ses peintures. Sa formation d'architecte a également eu une incidence sur certaines de ses toiles. La notion d'espace, de cadre ou de perspective sont pour lui clairement l'expression de son « passé ». Sans en rougir, il en sourit et m'avoue que la somme de ces « expériences » de vie fait qu'il appréhende ses créations chaque jour avec un autre regard.
Philippe expérimente les matières, parfois sans forcément savoir où cela va le mener. Ainsi, son travail à l'encre de chine ou avec le papier chinois résulte de ce besoin d'observer « la réaction » afin de modifier « l'action »... C'est une tâche d'encre de chine renversée par hasard sur le parquet qui lui a inspiré sa nouvelle collection : « Vibration ». Par l'association du bois, de l'encre de chine et de la lumière, il tente de traduire ces vibrations internes et universelles qui l'animent dans sa pratique de l'aïkido ou de la danse contemporaine.
Je l'interroge sur ce qu'est « être un artiste ». Plutôt que d'exposer de grandes théories, il fait référence à des passages de Wajdi Mouawad, qui, pour lui, illustrent ce questionnement :
« En quoi les créations théâtrales que je faisais concernaient-elles le monde? Et fallait-il que cela le concerne. Et si oui, comment? »
« J'ai poursuivi mon travail, qui ressemblait davantage à un dépouillement qu'à une construction. »
Extrait de Chemin . Wajdi Mouawad.
Pour conclure notre entrevue, il souhaite partager avec moi un autre passage, du même auteur. Un texte qui l'a particulièrement ému :
"...Et je revendique la douleur ancestrale
De tous les êtres qui attendent de naîtres,
je les appelle et je les supplie!
Je les supplie de ce lieu incompréhesible qu'on appelle la vie,
Où les animaux ne parlent plus,
Où les arbres ne bougent plus,
Où les rochers ne vivent plus,
Où les anges ne se voient plus,
Je les supplie de ce désert lamentable qu'est la vie, Et je les supplie de venir s'y plonger!
Le coeur de l'être est fait de chair et de sang!
Et comme la chaleur voyage au coeur du métal,
La douleur voyage au coeur de l'homme!
N'oubliez pas celà!
Et comme la chaleur voyage au coeur du métal,
La douleur voyage au coeur de l'homme!
Car dans le métal voyage aussi des effluves électriques, Tout comme l'amour voyage au coeur de l'homme. Tout comme l'amour voyage au coeur de l'homme.
Tout comme l'amour voyage au coeur de l'homme."
Extrait de Rêves de Wajdi Mouawad.
Je quitte l'atelier avec la sensation d'avoir fait une vraie rencontre, celle qui vous laisse une trace et vous imprime une perspective : revenir en ces lieux et retrouver ce personnage...
LM
ARTISTE PEINTRE
-Depuis 1992 à Douarnenez.
-1992, rencontre de Clet Abraham.
-Depuis 1992, expose dans différents lieux en Bretagne.
-Expose actuellement à Lorient, Nantes et Pont l'abbé.
-Prochaine exposition, avril 2009 à la galerie du coin à Port-Louis.
ARCHITECTE MENUISIER
Depuis 1999 à Douarnenez.
-Aménagements intérieurs.
-Façades de commerces.
-Meubles.
-Scenographies.
DESSINATEUR PUBLIC
De 1996 à 1999 à Douarnenez.
-Illustrations, affiches...
-Plans d'architectures navales pour la revue le Chasse-marée.
-Expositions personnelles et collectives de dessins, peintures
et photos à l'atelier du 5.
ARCHITECTE
De 1987 à 1992 à Paris.
-Lanlo et partenaires, structures sanitaires en Afrique de l'ouest.
-Buffi, concours logements.
-Natal et Moussafir, concours bureaux..
-Avec JM Joulié, scénographies pour le centre Beaubourg.
DANSEUR
-Avec le chorégraphe B. Caroff.
ENSEIGNANT D'AÏKIDO
-Pratique depuis 1992.
-Enseigne depuis 2002.
-Co-créateur du Shojindo (art martial verbal et corporel).
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